Paris est un Parfum. Tantôt rouge tantôt noir. Chaque quartier a son intensité, comme en amour. Mon quartier de prédilection reste Pigalle; ses lumières, ses impasses, ses ruelles, ses murs nous parlent d’authenticité. Parfois même, ils transpirent la douleur, la créativité, l’errance, la solitude, le refuge, l’évasion, la liberté. En semaine, en hiver, son âme semble intacte ; on effleure encore une atmosphère surannée que l’on croyait disparue. A  l’abri des regards, les protagonistes de ce « vieux Paris » restent  fidèles au rendez-vous. Le boulevard Rochechouart est déjà un bon début.  La place Blanche me fait vaciller… Endroit stratégique cher à certains  malfrats en fuite. Le bas de la rue Lepic reste populaire et  énigmatique, puis elle grimpe, la rue Lepic, nous enlace et nous  entraîne vers des tentations gustatives remarquables, avec ses commerces  de bouche à l ’ancienne… J’arpente cette rue jusqu’en haut, le Moulin  de la Galette me fait encore rêver, puis les escaliers qui mènent au  village Montmartrois, encore et toujours plus haut le Sacré-Cœur, qui  domine Paris et me donne la conviction qu’y brûler des cierges, si près  du ciel, est toujours de bonne augure. Isabelle Caussé 

Place Pigalle, photo noir et blanc, Paris

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